Carême 2020 : notre lettre de liaison n°17
Jeune et croix copie

Vendredi de la deuxième semaine de Carême

Chers amis,

C'est avec cette belle photo d'un chemin de croix, que nous entrons dans ce vendredi de Carême. Une fois encore, il nous est donné de communier aux souffrances du Christ qui, par amour, souffre pour nous : « C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris » (Isaïe, 53, 4).
On raconte qu’au cours d’une leçon de catéchisme dans le cadre de sa préparation au baptême, le jeune roi Clovis avait réagi avec vigueur au récit de la passion de Jésus : « Ah, si j’avais été là avec mes guerriers francs ! ». Mais l’évêque saint Rémi, son catéchiste, lui répliqua : « Oh, vous auriez fait comme tout le monde, vous auriez hurlé et crié à mort ».
Offrons notre jeûne de cette journée en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier !
P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

« Sainte Claire avait un grand désir de déjeuner une fois avec François et elle l'en priait souvent, mais jamais il ne voulait lui accorder cette consolation. Cependant il finit par accepter. Le jour choisi étant arrivé, sainte Claire sortit du monastère avec une compagne et, escortée des compagnons de saint François, vint à Sainte-Marie des Anges. Pendant ce temps, saint François fit préparer la table à même la terre, comme il était accoutumé. A l'heure du repas, ils s'assirent ensemble, saint François et sainte Claire, puis tous les autres compagnons. Au premier mets, saint François commença à parler de Dieu avec tant de suavité, avec tant d'élévation et si merveilleusement, que la grâce divine descendant sur eux en abondance, ils furent tous ravis en Dieu.
Puis, après un long moment, saint François et sainte Claire revinrent à eux en même temps que les autres, et se sentant bien réconfortés par la nourriture spirituelle, peu se soucièrent de la nourriture corporelle. Et ce repas béni ainsi terminé, sainte Claire revint à Saint Damien » (Extrait des Fioretti de saint François).

La Parole du jour

« Il n’y a pas de véritable acceptation du primat de Dieu si ce dernier ne concerne pas aussi la corporalité de l’homme. Les deux actes centraux de la vie biologique de l’homme consistent à se nourrir et à se reproduire par l’activité sexuelle. C’est pourquoi, dès le début de la tradition chrétienne, la virginité et le jeûne deviennent des expressions indispensables du primat de Dieu, de la foi en la réalité de Dieu. Sans une expression concernant aussi le corps, il est bien difficile que le primat de Dieu demeure l’élément décisif de la vie humaine » (Joseph Ratzinger, "Le Ressuscité", 1986, Desclée de Brouwer, p. 17-18).

Entre nous

« Merci pour cette lettre de liaison qui est devenue mon "bonbon" du matin. Je suis heureux de faire partie de l'aventure, qui je le pense, restera ma plus belle expérience de Carême et de loin.
Pour la première fois, je parle du Carême de manière naturelle et décomplexée autour de moi, et j'ai même (enfin) découvert que c'est facile ! J'ai choisi de conserver le repas du soir ce qui me permet d'être avec mon épouse et mes enfants. Les premiers jours ont été les plus durs, mais plus le temps passe et plus je me renforce dans ma volonté d'aller au bout ! A midi au bureau, mes collègues ont eux aussi "pris le pli" de ne plus déjeuner avec moi, ils me respectent totalement. Certains d'entre eux, m'ont même sincèrement demandé de prier pour eux ! Joie ! » (C., 50 ans).