Carême 2020 : notre lettre de liaison n°13
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Lundi de la deuxième semaine de Carême

Bonjour à tous,

C’est reparti pour une nouvelle semaine de jeûne, presque un rythme de croisière pour notre communauté de priants et de jeûneurs. C’est une joie de recevoir vos messages, véritables pépites qui ne cachent pas non plus les difficultés et les peines. Mais la joie est omniprésente, cette joie intérieure de réaliser que Dieu nous façonne ! Tout est extrêmement logique : nous nous faisons capacité, et Lui se fait torrent !

P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

Voici ce qu’on rapporte au sujet du bienheureux Pier Giorgio Frassati (1901-1925) : « Pier Giorgio respecta toujours strictement les règles ecclésiastiques du jeûne, qui à cette époque comportait notamment quarante jours de jeûne en carême. Cela était d'autant plus méritoire que ses repas étaient habituellement copieux et son appétit toujours robuste. De plus, dans la famille il était seul à jeûner : ce n'est qu'après sa mort que les siens comprirent le sens de ses "Je n'ai plus faim", si fréquents en Carême et les jours de vigile.
La prière, qui attache l'âme à Dieu, et l'abnégation, qui la détache des créatures, ne sont que les deux faces d'un même amour de Dieu. Un premier terrain, non le plus riche, de l'abnégation chrétienne est celui de la mortification corporelle. Celle-ci sacrifie les jouissances sensibles, les jouissances défendues et les plaisirs licites. À cette mortification, Pier Giorgio fixait un double objectif : participer à la vie liturgique de l'Église, économiser de quoi faire des aumônes aux pauvres ».
(extraits de « Pier Giorgio Frassati, Jeune témoin pour aujourd’hui », Robert Claude, Ed. Anne Sigier, 2002, p. 133).

La Parole du jour

« Jeûner, c’est apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures : de la tentation de tout “dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, laquelle est capable de combler le vide de notre cœur » (pape François, message pour le carême 2019).

Entre nous

Voici deux de vos témoignages, dont l’un n'élude pas les petits combats de ce jeûne :

« Le jeûne libère du temps : non, très peu, je m'occupe des repas de [mon mari] et range la cuisine comme j'aime ! Le jeûne libère l'esprit : pas vraiment. Je suis certainement très prise dans des automatismes, du coup beaucoup de questions. Le pire n'est pas la faim, mais le désir du gâteau près de la machine à café, les tentations pendant les courses, le rangement. Bref heureusement le Seigneur est avec moi, sinon cela ferait longtemps que je serais tombée. Merci pour le soutien ! » (M.G, 57 ans).
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« Je parle volontiers de mon jeûne de Carême à mes amies non pratiquantes ou non catholiques, elles réagissent positivement avec l'envie de s'inspirer de cette démarche mais bien sûr sans le côté prière et de se tourner vers Dieu hélas ! À mes amies de la paroisse, je n’en ai pas parlé ! Je pense que c’est pour ne pas tomber dans l'orgueil du Carême réussi ou le côté « je fais un meilleur Carême que toi ». Mais en y pensant, grâce à votre question, je crois que je pourrais en parler, en leur proposant de rejoindre l’aventure »
(C. 46 ans).