Carême 2020 : notre lettre de liaison n°14
confession pape

Mardi de la deuxième semaine de Carême

Chers amis,

Notre jeûne longue durée n'est pas étranger à une triste réalité. Il y a en nous un désordre, une blessure originelle qui nous attache à beaucoup trop de choses d'ici-bas. Des résistances, des désirs contradictoires nous font faire des faux pas, des actes qui vont contre notre vrai bonheur : nos péchés.
Et s'il y avait justement une grâce à demander durant ce Carême : celle de prendre conscience de cette situation ? Non pas de commettre des péchés « un peu comme tout le monde » mais d'être un pécheur et de nous dire : « je suis un pécheur, j'ai péché ».
Cet aveu est une force : il nous permet de faire comme Pierre devant Jésus.
Alors qu'il est bouleversé par le miracle de la pêche miraculeuse auquel il vient d'assister, le premier pape s'exclame : « Eloigne-toi de moi Seigneur car je suis un homme pécheur ». Et il s'entend dire : « Je ne suis pas venu pour les justes et les bien portants, mais pour les pécheurs ».
Laissons-nous réconcilier par le Christ ! Prenons la miséricorde de Dieu pour ce qu'elle est : une corde tendue à notre misère.

P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

Poursuivons notre chemin de Carême avec le Bienheureux Pier Giorgio Frassati : « À partir de 21 ans, Pier Giorgio se contenta, le matin des jours de jeûne, d'une tasse de café noir, mélangé avec un peu de chocolat. À midi, la copieuse ration de macaroni dont il se régalait chaque jour était impitoyablement réduite, et les plats sucrés étaient souvent supprimés. Le soir, il ne prenait comme à l'ordinaire que du potage et un peu de légumes. En Carême, était-il invité à dîner en ville, il s'ingéniait à laisser passer sans se faire remarquer les plats les plus appétissants. Lui offrait-on une pâtisserie, il refusait ; insistait-on, il répliquait : "Non vraiment, en Carême, je ne mange jamais de pâtisserie."
Une excursion en montagne ne le dispensait pas d'un jeûne aussi rigoureux : "Qui donc jeûnera, disait-il non sans ironie à ses compagnons moins austères, si les bien-portants ne le font pas ?" » (Extrait de Pier Giorgio Frassati, Jeune témoin pour aujourd’hui, Robert Claude sj, Ed. Anne Sigier, 2002, p. 134).

La Parole du jour

« Aucun chrétien ne peut croître en perfection, ni le christianisme gagner en vigueur, s’il ne s’appuie sur la pénitence » (saint Jean XXIII, Encyclique Paenitentiam Agere, 1962).

Entre nous

Voici deux autres beaux témoignages. Merci pour vos nombreux messages qui nous permettent de rester en grande communion. Manifestement, nous en sommes tous au même stade : nous cherchons désespérément des nouvelles recettes de soupe... Bon courage à tous !

« Du fait de ma situation familiale, j'ai privilégié de faire le repas unique le soir avec ma famille, donc petite collation le matin et le midi. Cela me permet de témoigner de ce choix dans le cadre du travail car je prends cette pause du midi pour prier et ne vais plus à la cantine avec mes collègues. Les réactions sont très diverses ; entre l'indifférence, l'incompréhension : "quoi, tu fais encore ce "truc" ?" (...) C'est l'occasion de parler religions, différences entre Carême et Ramadan, et là vraiment merci pour vos lettres qui m'aident beaucoup. Je n'ai pas encore vécu le "ras le bol" du jeûne ou la lassitude, je pense que je suis toujours dans "l'exaltation" du démarrage, même si c'est la deuxième année que je le pratique. Le blues m'est arrivé l'année dernière autour de la 2ème semaine, comme en natation dans une course de fond. Il faut passer le cap au 1er tiers du parcours, et après hop on glisse ! Et bien là je crois que c'est analogue » (P., 58 ans).
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« J'allaite encore exclusivement notre petite fille de 4 mois, ce qui excluait un jeûne trop radical. Grâce à votre proposition, j'ai pu trouver une solution pour vivre pleinement ce Carême : avec nos deux grands (4 et 6 ans) les tentations sont fortes de prendre un biscuit, goûter avec eux, etc. Cette année, je suis plus forte puisque je me suis engagée à vos côtés. Force de l'effort en commun !
Mais surtout, mon mari, qui n'est pas croyant, s'est engagé avec moi, et il joue le jeu très sérieusement. Le petit déjeuner et le dîner sont nos deux moments privilégiés, à deux, et je n'aurais pas pu m'engager sans lui. Non seulement il a accepté de me suivre, de m'accompagner et de m'encourager, mais même le midi quand il déjeune dans son entreprise il "tempère" son appétit. Qui sait ce que seront les fruits de ce jeûne ? » (MP, 37 ans).