Carême 2020 : notre lettre de liaison n°16
Corcovado2

Jeudi de la deuxième semaine de Carême

Chers amis,

N'oublions pas... de sourire ! La joie est un très bon remède en ces temps d'angoisse, de coronavirus et de grisaille. L'adversaire est toujours là, et nous sollicite probablement sur d'autres fronts : nos humeurs changeantes, notre patience, notre relations aux autres. Ne nous laissons pas voler l'espérance ! Souvenons-nous de l'appel du Seigneur, le mercredi des Cendres : « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent ».
Bien sûr, la joie n'est pas une autosuggestion, et nous avons certainement des vrais motifs d'inquiétude. Mais depuis le vendredi saint, révélé au matin de Pâques, nous sommes dans le camp des gagnants. Voilà notre espérance. Nous connaissons la fin. La victoire est certaine. La victoire du Christ-Roi est certaine. Et il nous propose dès maintenant, ici-bas de préparer son règne ! D’en être les humbles ouvriers, les annonciateurs et les révélateurs.
Ma prière se fait fervente, avec vous, afin que nous puissions dire d’un seul coeur et d’une seule âme non pas comme un souhait ou un voeu, mais comme une demande impatiente : « Seigneur, que ton règne vienne ! ».

P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

Les trois voyants de Fatima, au Portugal, jeûnaient souvent. Voici ce que raconte Lucia dos Santos, l'une des voyantes (1907-2005) : « Jacinthe prit tellement à cœur les sacrifices pour la conversion des pécheurs qu’elle ne laissait passer aucune occasion. Il y avait quelques enfants, fils de deux familles de Moita qui passaient de porte en porte à mendier. Nous les rencontrâmes un jour alors que nous allions avec notre troupeau. En les voyant, Jacinthe nous dit :
– Donnons notre goûter à ces pauvres enfants pour la conversion des pécheurs !
Elle courut le leur porter. Dans l’après-midi, elle me dit qu’elle avait faim. Il y avait là quelques chênes-verts et des chênes. Les glands étaient encore assez verts. Malgré cela, je lui dis que nous pourrions en manger. François monta sur un chêne-vert pour remplir ses poches, mais Jacinthe eut l’idée que nous pourrions plutôt manger ceux des chênes pour faire le sacrifice de manger quelque chose d’amer. Et nous avons savouré cet après-midi-là une nourriture délicieuse !
Ce ne furent pas là nos seuls jeûnes. Nous avions décidé que, lorsque nous rencontrerions ces petits pauvres, nous leur donnerions notre repas. Et les pauvres petits, contents de notre aumône, cherchaient à nous rencontrer et nous attendaient sur le chemin. Dès que nous les apercevions, Jacinthe courait leur porter toutes nos provisions de la journée, avec une telle satisfaction, comme si elle n’en avait pas eu besoin elle-même. Ces jours-là, notre nourriture était : des pignons, des racines de campanules, des mûres, des champignons, etc. » (Extrait du premier Mémoire rédigé par sœur Lucie en 1935).

La Parole du jour

« En plus de supporter dans un esprit chrétien les inévitables contradictions et souffrances de cette vie, les fidèles doivent aussi prendre l’initiative en faisant des actes de pénitence volontaires et en les offrant à Dieu. En cela ils suivront les traces de notre Rédempteur qui, comme l’a dit le Prince des Apôtres, “est mort une fois pour nos péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l’esprit.” Le Christ ayant donc souffert dans la chair, il n’est que juste que nous soyions armés de cette même pensée » (saint Jean XXIII, Encyclique Paenitentiam agere, 1962).

Entre nous

Petite annonce culinaire d'une jeûneuse : sachez-le, la marque Picard surgelés a un rayon très varié qui pourrait vous faire culpabiliser de vous régaler le soir avec, par exemple, la soupe « fève / épinards » ou une soupe au pistou ! Voici aussi un autre message de l'une d'entre nous, qui en profite pour saluer toute notre communauté :
« Vous aviez demandé, il y a une semaine, de vous donner des recettes pour parler du Carême autour de nous. Eh bien, je vous donne aujourd’hui, quelques recettes… pour varier les soupes ! Voici celles que j’ai testées jusqu’à maintenant :
- potage de pois cassés /oignons / carottes
- potage de carottes
- potage de poireaux, avec morceaux de poireaux cuits à part
- potage de légumes (penser à incorporer des légumes anciens, un délice)
- en cas de petit reste, ajouter un bouillon + des vermicelles (oh la la, on s’éloigne de la soupe de carême 😊)
- potage de courgettes / oignons / ail
- potage de courges / pomme de terre / oignons » (B. 50 ans).