Carême 2020 : notre lettre de liaison n°27
Silence

Lundi de la 4ème semaine de Carême

Chers amis,

Nous voici repartis pour une nouvelle semaine de désert. Après ce dimanche en rose, nous reprenons une petite semaine de jeûne et nous nous préparons à célébrer la fête de l'Annonciation, mercredi prochain. Plus que jamais, essayons d'offrir, de prier, de sourire : trois choses que ce confinement ne peut nous enlever. Pour beaucoup, la privation de messe et de communion, hier, a été une vraie souffrance. Courage ! Il nous est donné une curieuse grâce : celle de revivre... notre première communion ! Dans quelques semaine, quand tout sera fini, nous reviendrons à l’autel. Jésus se donnera à nous et nous à lui ; quelles retrouvailles ! Préparons ce moment dans notre coeur, dès maintenant.
P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

Voici ce qu'on apprend au sujet du curé d'Ars, saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) : « Le 14 octobre 1839, dans un tête-à-tête confidentiel, le curé donne le secret de ses premières conquêtes apostoliques à un jeune prêtre de Montpellier venu se former auprès de lui : "Mon ami, ce qui met en déroute le démon, c'est la privation dans le boire, le manger et le dormir. Il n'y a rien que le démon redoute comme cela et qui soit par conséquent plus agréable au bon Dieu. Oh, combien je l'ai éprouvé ! Lorsque j'étais seul, et je l'ai été pendant huit à neuf ans, pouvant me livrer à mon aise à mon attrait, il m'arrivait de ne pas manger pendant des journées entières. J'obtenais alors du bon Dieu tout ce que je voulais, pour moi comme pour les autres » (extrait de « Le curé d'Ars » par Francis Trochu, Résiac, p. 160).

La Parole du jour

« Il est bon, également, de prendre exemple et inspiration des grands saints de l’Église. Purs comme ils l’étaient, ils se sont infligés à eux-mêmes de telles mortifications que nous en sommes presque pétrifiés d’admiration. Et lorsque nous contemplons leur saint héroïsme, ne serons-nous pas mûs par la grâce de Dieu à nous imposer à nous-mêmes quelques souffrances et privations volontaires, nous dont les consciences sont peut-être chargées d’un si pesant fardeau de culpabilité ? » (saint Jean XXIII, Encyclique Pænitentiam agere, texte intégral ici).

Entre nous

Deux témoignages très différents aujourd'hui. Le premier demande des conseils et des astuces. Le second dit tout haut ce que beaucoup pensent peut-être tout bas. Cela fait une intention de prière à partager ensemble !

« Comment continuer ce jeûne de Carême lorsque l'on quitte son studio étudiant, où il était plutôt "facile" de faire collation 2 x / jour, pour une grande maison familiale avec de vrais repas ? Comment rester humble quand on doit expliquer à tout le monde qu'on prend une soupe pour jeûner alors qu'eux sont devant une platée de lasagnes ? Comment réussir à ne pas grignoter quand les journées de confinement sont longues, que les uns et les autres se réunissent autour du goûter pour un moment convivial, ou que l'on cuisine pour occuper une partie de ses journées et remonter le moral des troupes ? Des conseils, des astuces, des témoignages ? » (S., 20 ans).


« Depuis quelques jours, tout le monde n'a que cela à la bouche, "prenez le temps, lisez, soyez ensemble, profitez les uns des autres, priez" ! (...) Et bien, j'en ai assez de cette injonction. Expliquez-moi comment je peux prendre du temps alors que j'ai mes quatre enfants à la maison qu'il faut accompagner dans la fameuse continuité pédagogique, que chaque professeur et chaque classe a des demandes particulières ; l'un sur papier, l'autre sur ordinateur, le troisième en visio par téléphone, que je n'ai qu'un ordinateur pour 3 garçons et que la connexion explose et qu'il faut gérer les priorités. Tout ce petit monde n'a pas miraculeusement plus faim, même si c'est le Carême! Il faut bien préparer des repas, que la maison et le linge se salissent et ne se nettoient pas tout seul... que chaque course prend beaucoup plus de temps que d'habitude avec la queue et que par ailleurs j'ai un travail à temps plein à assumer en télétravail avec du travail de fond, des coup de fil, des réunions en visio... J'ai justement l'impression de ne plus avoir de temps et surtout plus de temps pour prier. L'eucharistie quotidienne, mon oasis de ressourcement, à laquelle je participais, me manque terriblement!
Alors s'il vous plait ne nous mettez pas trop la pression sur ce qui serait bien de faire... et priez pour nous qui sommes privés du pain de Vie. Cela m'a fait du bien de vous partager ma colère ! »
(J., 47 ans).