Carême 2020 : notre lettre de liaison n°28
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Mardi de la 4ème semaine de Carême

Chers amis,

Il y a quelques semaines (une éternité !) nous avons choisi de vivre ensemble cette aventure du jeûne longue durée. Tout était bien organisé, maîtrisé, ficelé... Et voilà que le Seigneur a permis que nous vivions tous une seconde aventure en parallèle, non choisie celle-là, celle du confinement provoqué par la crise sanitaire. En fait, peut-être nous étions-nous construit notre petit Carême « à nous » ? Et voilà que le confinement est une pénitence de plus, non choisie.
Mais la grandeur d’une vie ne se mesure-t-elle pas à la façon dont on réagit face à ce qu'on n'a pas choisi, pas préparé, pas cogité ? Et si cette crise révélait vraiment ce que nous sommes ? Comme si une mystérieuse partie se jouait, une partie que nous n'avions pas envie de « jouer », mais que nous sommes obligés de mener. Comment allons-nous vivre tout cela ? Notre foi a déjà la réponse : avec le Christ ! Mettons notre confiance en lui ! Il va vivre cela avec nous, comme l'exprime si bien un poète polonais, Cyprian Norwid, qu’affectionnait le pape Jean-Paul II : « Nous ne marchons pas à la suite du Sauveur en portant sa croix, mais nous suivons le Christ qui porte la nôtre ».

P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

Voici ce qu'on trouve dans le récit de la vie de saint Dominique Savio (1842-1857) écrit par saint Jean Bosco (1815-1888) : « Dans sa ferveur [Dominique] avait décidé de jeûner tous les samedis au pain et à l'eau en l'honneur de la sainte Vierge, mais son confesseur le lui interdit. Il voulait jeûner pendant le Carême, mais au bout d'une semaine, le directeur de la maison vint à le savoir, et immédiatement, cela lui fut défendu. Il voulait au moins se priver de petit-déjeuner, mais cela encore lui fut interdit. Ces mortifications lui étaient refusées pour empêcher sa misérable santé de s'abîmer complètement (...) Il chercha autre chose. En automne et en hiver, il laissa la saison s'avancer sans rajouter de couverture sur son lit. Un matin comme une indisposition l'avait obligé à rester au lit, son directeur vint lui rendre visite. Le voyant tout recroquevillé, il s'approcha de lui et s'aperçu qu'il n'avait sur lui qu'une mince couverture : "Pourquoi as-tu fait cela ?" lui dit-il. "Tu veux mourir de froid ?". "Non, répondit-il, je ne mourrai pas de froid. Dans sa grotte de Bethléem et quand il pendait à la croix, Jésus était encore moins couvert que moi » (extrait de « Dominique Savio » par Don Bosco, Apostolat des éditions, 1978, p.102).

La Parole du jour

« Lorsque l’on embrasse la croix, elle devient un signe d’amour et de don de soi total. La porter derrière le Christ signifie être uni à lui en offrant la plus grande preuve d’amour » (saint Jean Paul II, message pour la Journée mondiale de la jeunesse, 14 février 2001).

Entre nous

« Au début du Carême, je me suis fixé des objectifs de jeûne et de différents moments de prière durant la journée. Est arrivée la période de confinement, durant laquelle j’ai dû revoir ces objectifs à la baisse : est-ce dû à un manque de ferveur ? Ou au contraire, cette révision à la baisse me permettra-t-elle de tenir mes engagements jusqu’à Pâques ? Je continue à jeûner de manière allégée (pain sec le matin, léger repas frugal à midi, soupe+pain sec le soir, agrémenté d’un bout de fromage et parfois d’un fruit). Certains temps de prière sont remplacés par des appels téléphoniques que je donne vis-à-vis de personnes malades ou isolées, à qui je ne téléphone pas souvent d’habitude » (C., 69 ans).