Carême 2020 : notre lettre de liaison n°25
calvaire

Samedi de la 3ème semaine de Carême

Chers amis,

A lire vos messages, on réalise que certains d'entre vous ont plus de mal à vivre le jeûne. Le confinement est tout simplement passé par là ! Une véritable promiscuité pour les uns, le fait de changer de rythme pour d'autres, de se retrouver à plusieurs (et pas qu'entre jeûneurs) toute la journée et donc aux repas, est une vraie difficulté. Beaucoup expérimentent cette difficulté, déjà signalée en son temps : parler du jeûne entre cathos n'est pas chose facile. Mais si nous n'arrivons pas à humblement témoigner du Carême sous notre propre toit, quand le ferons-nous ? Courage !
Voici d'ailleurs encore un petit cadeau : l'avez-vous remarqué ? Il y a une nouvelle rubrique sur le site intitulée « Pour aller plus loin ». Vous y trouverez un ensemble de documents pour nourrir votre réflexion et votre prière, mais aussi répondre à d'éventuelles questions. Cette page sera mise à jour régulièrement.
P. Pierre AMAR

Des saints en pénitence

La sainte Vierge aime les coeurs pénitents mais sait aussi poser des limites ! Voici ce qu'on apprend au sujet des trois voyants de Fatima : « La petite Jacinthe avait seulement sept ans au moment de la première apparition. Son frère François, deux ans de plus qu'elle, était humble et doux.
Dès la première apparition de la sainte Vierge, le 13 mai 1917, les trois petits voyants s'imposaient des sacrifices héroïques. Toute mortification leur paraissait légère. Ils en vinrent au point de porter une rude corde, avec des nœuds, autour de la taille. Le 13 septembre 1917, la Vierge Marie dit aux enfants : « Dieu est satisfait de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour » (Extrait du premier Mémoire rédigé par sœur Lucie en 1935).

La Parole du jour

« Mon Dieu, montre-foi favorable au pécheur que je suis » (prière du publicain dans l'évangile de ce jour).

Entre nous

Voici trois nouveaux témoignages. Pour beaucoup, le jeûne de messe est une véritable épreuve : comme c'est normal... et beau !

« Etant artisan, je continue à travailler chaque jour, mais seul, portes fermées et ne recevant plus de clients. Je peux quand même m’échapper quelques minutes à midi pour rendre visite à Jésus à l'église proche de mon atelier, puisque les portes en sont encore ouvertes. Le temps dédié au repas est converti en prière, et je puis ainsi confier les miens, et vous tous à Celui qui, dans la solitude de cette église froide et vide, reste au milieu de nous » (R., 49 ans).

« Ce temps de Carême a été totalement bouleversé pour chacun ; confinée comme il se doit, il est plus difficile de résister à la tentation de se réconforter avec un petit bout de chocolat par exemple. Il est aussi plus compliqué de faire l'aumône quotidiennement, auprès des mendiants croisés en allant à son travail. La fête de saint Joseph nous donnait cette possibilité de suspendre le jeûne. J'ai mis donc à profit cette journée de repas un peu plus copieux pour aller donner mon sang. J'ai pu enfin me sentir utile en faisant un geste concret et de partage envers les malades, tout en priant pour leur rétablissement. Il n'y a pas de hasard... » (I, 50 ans).

« Les temps de prières au cours de la journée se poursuivent, épidémie oblige. Ce confinement nous fait aussi réfléchir aux éléments essentiels et non essentiels de notre vie habituelle. Courses, déplacements, seulement ceux qui sont vraiment indispensables, tout d'un coup, nous prenons conscience que peu de choses sont très importantes et que notre vie est encombrée de superficialité. Un déplacement indispensable qui commence à me manquer est celui pour recevoir l'Eucharistie. Cela nous fait aussi prendre conscience que nous sommes en France des enfants gâtés. Nous avons tout, quand nous voulons, comme nous voulons. Plus en ce moment, que cela nous rapproche des personnes qui sont privées de célébration eucharistique très régulièrement » (M-G, 57 ans).