Carême 2020 : notre lettre de liaison n°34
croix et bateau jour copie

Lundi de la 5ème semaine de Carême

Chers amis,

Le temps nous est donné de faire davantage attention aux textes de l’Ecriture Sainte que l’Eglise nous donne chaque jour à méditer. Et on est étonné de (re)découvrir combien la parole de Dieu éclaire concrètement notre quotidien et nous rejoint dans ce que nous vivons. Faites l’essai ! (textes ici ou bien sur des applis comme « Magnificat », « Parole et Prière », « Prions en Eglise »... l'accès est d'ailleurs offert pendant la période de confinement).

P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

Nous proposons toute cette semaine, une lecture de certains auteurs spirituels pour accompagner notre Carême qui touche à sa fin :

« Il est certain que la perspective de jeûner déclenche immanquablement tout un scénario qui n’affecte pas seulement les organes extérieurs qui seront plus ou moins affligés par lui, mais bouleverse aussi certaines régions profondes de l’âme. Et d’abord sous la forme de résistances plus ou moins tenaces, qui se reflètent dans l’opinion commune de nos contemporains à son sujet. Celles-ci sont à identifier et à analyser avec un œil critique. Est-il tellement certain, comme on l’entend affirmer fréquemment, que les générations actuelles ne peuvent supporter un jeûne qui ne se réduit d’ordinaire plus qu’à un modeste retard imposé au rassasiement de la faim, alors que l’état général des santés s’est considérablement amélioré dans nos pays ? Ou, pour convaincre des chrétiens, devrait-on en appeler à l’exemple de nos frères musulmans qui se dispensent allègrement de tels subterfuges pour échapper aux exigences d’un Ramadan autrement plus rigoureux ? Que cachent nos réticences et nos peurs ? Le jeûne s’attaquerait peut-être à un certain désordre de nos besoins et de nos désirs, qui n’est pas sans lien avec le désordre du désir de Dieu en nous, qu’il arrive à occulter ou à travestir ? Et le fait de différer le repas pendant quelques heures — car le jeûne est essentiellement cela, et non pas le fait de moins manger tout en mangeant tout de suite — ne permettrait-il pas d’exprimer, par la faim corporelle et par le refus d’assouvir sur le champ un besoin sensible, qu’une faim beaucoup plus profonde nous tourmente aux racines de notre être, qui mérite d’être réveillée et prise en compte, pour être ensuite étalée et présentée en offrande d’attente devant le Seigneur ? » (extrait de « Jeûne et pénitence » par Dom André Louf, revue Sources Vives, n°108, mars 2003).

La Parole du jour

« Accorde-nous Seigneur cette grâce (...) que les renoncements imposés à notre corps nous permettent de nous présenter devant toi avec un coeur purifié » (prière sur les offrandes de la messe du jour).

Entre nous

Deux témoignages aujourd'hui, pour nous soutenir les uns les autres !

« Un grand merci pour votre initiative réconfortante et enrichissante. C’est également une façon de vivre moins seul ce Carême en sachant que nous sommes nombreux à nous appuyer les uns sur les autres. Ce Carême prend une tournure inédite avec le confinement et je rends grâce pour ce temps donné chez moi, avec ma femme, mes enfants. Merci Seigneur pour ces temps de prières en famille, en couple qui s’invitent dans mes journées en télétravail !
De nouveaux jeûnes apparaissent, jeûne de réunions, de rdv, de transports…mais l’essentiel apparaît : tu es là Seigneur parmi nous et tu rends notre Carême différent, sûrement plus intense en accompagnant aussi par nos prières, nos soignants, médecins, infirmières qui donnent leur vie au service du bien commun. Alors, oui, nous avons décidé en famille de ne voir que la lumière que le Seigneur nous offre et de rejeter les ténèbres en priant pour ce monde qui en a tant besoin… » (N., 48 ans).

« Je pense à saint Augustin qui disait : "L’abstinence totale est plus facile que la parfaite modération". En effet, je me rends compte, à l’occasion de ce Carême avec vous, que, plus difficile que l’abstinence d’un repas par jour, est la parfaite modération pendant l’autre repas ! » (G, 65 ans).