Carême 2020 : notre lettre de liaison n°36
ichtus

Mercredi de la 5ème semaine de Carême

Chers amis,

Bon mois d'Avril à tous, le mois qui marquera - nous l'espérons - la fin de ce confinement... même si l'événement le plus important à célébrer, dans peu de temps, sera bien sûr la mort et la résurrection du Christ. Quand bien même nous célébrerons ces jours saints dans un cadre atypique, le Seigneur continue de nous regarder et de nous écouter. Il veut s'adresser à chacun d'entre nous, à sa manière, lui qui pour entendre et parler n’a pas besoin de tablettes ou de smartphones... Puissions-nous par l’intercession de Marie garder nos cœurs attentifs et ouverts, prêts à recevoir Celui qui, au milieu de l’obscurité, se fait signe, aussi modeste et discret que fidèle.
Soyons ensemble l'Eglise qui veille et qui peine, mais qui jeûne et qui prie !

P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

« Tel est le chemin de Pâques qui s’ouvre devant nous. Il ne monte pas, il descend... en nous-mêmes ! S’il est parfois raide et escarpé, c’est pour faciliter d’autant plus la descente. Il ne nous apprend ni à nous faire mal ni à nous dépasser nous-mêmes — nous y manquerions la rencontre avec Jésus — mais à nous vider de nous-mêmes, comme Jésus, et à accepter de rejoindre notre point d’extrême pauvreté, cette pauvreté que Jésus est venu étreindre, et où il voudrait que apprenions à mettre toute notre confiance, jusqu’à la folie, dans sa miséricorde.
Le Carême nous revêt de l’humilité de Jésus. Avec lui, nous nous abaissons sous la puissante main de son Père, jusqu’au jour où, avec Jésus, il nous élèvera dans sa gloire. Car, comme le disait Isaac le Syrien, « l’humilité est le vêtement de Dieu » (extrait de « Jeûne et pénitence » par Dom André Louf, revue Sources Vives, n°108, mars 2003).

La Parole du jour

« Fais-toi capacité, je me ferai torrent »
(Jésus à sainte Catherine de Sienne, cité dans « Sagesse d'un pauvre », du père Eloi Leclerc, Éditions Franciscaines, Paris, 1959).

Entre nous

Encore deux nouveaux témoignages, très différents :

« Fiancés et... confinés ! Loins l'un de l'autre, nous avions choisi cet effort commun au début du Carême. Tous les soirs, (à défaut de pouvoir nous faire un restau... confinement oblige !), nous nous organisons un "FaceTime soupe" ! Ainsi, cela nous encourage l'un l'autre à tenir dans cet effort, à vivre cette démarche en communion encore plus forte ! En union de prière pour tous » (S. et O., 23 et 26 ans).

« Enfin je prends le temps de vous écrire pour vous remercier de ce lien tissé entre nous tous. Grâce à ce lien et la lecture quotidienne de vos envois, je suis entré sereinement en Carême.
Prier seul est difficile quand on est un homme d’action, très pris par son travail, et quand la maisonnée n’offre pas d’écho au besoin de prier en famille. Les premiers dix jours du Carême m’offrirent une belle occasion de me retrouver avec le Seigneur, de prier à nouveau régulièrement, attentif lecteur des billets quotidiens. Voyageant beaucoup, la prise de conscience de la pandémie à venir m’éloigna de mon jeûne. Il fallait que je reste fort, donc (croyais-je) que je mange. Puis le confinement acheva de m’éloigner. Les billets restaient bien en évidence dans ma boite de réception en « gras ». Il fallut à ce moment travailler encore plus dur pour accompagner mon équipe et surtout nos clients, tout en pensant à la famille. J’abandonnais même la prière malgré le besoin ressenti pour dire à Marie qu’elle veille sur mes deux filles qui travaillent dans des hôpitaux (...) Et la lumière est réapparue ce dernier week-end. Je l’avais entrevue à la messe télévisée de l’Annonciation. Mon coeur pacifié offre à nouveau du temps, de la place à la prière. Mon corps monopolisé par mon esprit en action peut enfin ré-entendre mon coeur lui dire : "qu’il soit fait selon sa volonté". Merci de ne pas m’avoir oublié en route. Cet envoi quotidien ne m’a pas abandonné quand j’ai lâché prise. Je me réjouis de vivre cette fin de Carême avec nous tous » (F., 55 ans).