Carême 2020 : notre lettre de liaison n°39
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Samedi de la 5ème semaine de Carême

Chers amis,

C'est avec cette photo de deux jeunes pèlerines contemplant le lac de Tibériade que s'achève cette cinquième semaine de Carême. Demain, nous entrerons ensemble dans la semaine sainte. Combien de fois Jésus lui-même a contemplé ce lac ? Probablement des centaines de fois ! A Tibériade, à Capharnaüm, dans tant de villes et de villages autour de la mer de Galilée, il a annoncé l'Evangile, proclamé les Béatitudes, guéri les malades, chassé les démons, opéré tant et tant de miracles... Mais sa vraie oeuvre, « son heure », c'est à Jérusalem qu'il devait la vivre. En jetant - comme Jésus - un dernier regard sur ce lac, nous quittons la Galilée et montons avec lui en Judée. Le jeûne que nous vivons a creusé en nous, espérons-le, le désir de Dieu, le désir de le suivre, le désir de l'aimer un peu plus. Et si ce n'est pas encore le cas, faisons monter cette humble prière, que l'apôtre Pierre a récité lui aussi au bord de ce même lac : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime ! ».

P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

« Voici que notre pensée se porte sur ces monts de Galilée, qui ont fourni cadre et décor naturels à la voix du maître notre Seigneur. Le temps manque, manquent aussi les forces suffisantes pour proclamer, en ce moment, le message divin destiné à tout l’univers. Mais nous ne pouvons nous empêcher de regarder près d’ici la montagne des béatitudes, qui constituent le synthèse et le sommet de la prédication évangélique, ni non plus de tendre l’oreille aux échos que ce discours, dans l’atmosphère mystérieuse de ces lieux, semble faire parvenir jusqu’à nous.
C’est la voix du Christ qui promulgue le Nouveau Testament, la loi nouvelle qui intègre et dépasse l’ancienne, et porte au sommet de la perfection la conduite de l’homme. Le grand motif de l’activité humaine, c’est l’obligation, qui fait appel à sa liberté : dans l’Ancien Testament c’était la crainte ; dans la pratique de tous les temps et dans la nôtre, c’est l’instinct, c’est l’intérêt ; pour le Christ, que le Père a donné au monde par amour, c’est l’amour. Lui-même nous apprit à obéir par amour : ce fut sa libération. Car, comme nous l’enseigne saint Augustin : « Dieu donna des commandements moins parfaits au peuple qu’il fallait tenir encore sous la crainte ; et des commandements plus parfaits par son fils au peuple qu’il avait décidé de libérer désormais par l’amour » (extrait du discours de Paul VI à Nazareth, 1964).

La Parole du jour

« Le Christ a été livré pour rassembler dans l'unité les enfants de Dieu, qui ont été dispersés » (extrait de l'évangile du jour).

Entre nous

Un seul témoignage, aujourd'hui, qui est également une intention de prière :

« Merci à chacun pour leur témoignage sincère qui m’ont fait du bien et dans lesquels je me suis retrouvée. Je suis partie pas très sûre de moi. Difficile d’expliquer à sa famille une démarche de jeûne quand on se bat par ailleurs contre l’anorexie de sa fille. Mais au final, ça s’avère simple surtout qu’elle n’est présente que les week-ends... Je gère, du reste, peut-être un peu trop facilement... le confinement aidera à retrouver plus d’humilité... Il sera désormais plus difficile de supporter la faim quand les enfants prennent plaisir à cuisiner, les goûters s’éternisent avec chaque fois de bons biscuits... ma fille surveille mon assiette... il faut parler, expliquer, rassurer.... j’accepte de goûter pour faire plaisir une bouchée.... (difficile après de ne pas sentir la faim) et aussi je ressens la grâce de Dieu en voyant mon enfant plus à l’aise avec la nourriture et qui reprend du poids....
Aujourd’hui je suis heureuse d’avoir choisi de cheminer avec vous avec une curieuse sensation d’avoir fait plus que d’habitude et en même temps le regret de ne pas avoir, malgré tout, pris encore suffisamment de temps d’arrêt. Merci Père pour ces lettres que je lis dès mon réveil. Merci Seigneur pour cette période de Carême qui devient de plus en plus importante, nécessaire dans ma vie et qui passe toujours trop vite » (E., 45 ans).