Carême 2020 : notre lettre de liaison n°45
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Vendredi Saint

Chers amis,

Aujourd'hui, Jésus semble nous dire une chose : « Regarde ce que j'ai fait pour toi ». Que diriez-vous d’un mari qui dit à sa femme qu’il l’aime mais ne lui montrerait jamais dans les actes ? Ou d’une épouse qui ferait pareil ? L’amour se dit mais se prouve aussi ! Comment aurions-nous pu imaginer que Dieu est amour, c’est-à-dire un don de soi inconditionnel, gratuit, si nous ne l’avions pas contemplé dans la Passion du Fils unique ?
Le récit de la passion, ce Jésus crucifié, humilié, nous dit que désormais Dieu n’est plus absent de ce monde hostile : oui, « Jésus s’est livré » afin d’être solidaire de l’homme jusque dans sa déchéance !
Ce soir, notre Foi se fait prière et nous pouvons dire « Je crois au Dieu-donné », ou plutôt au « Dieu-livré » pour moi. Livré depuis bien longtemps déjà... Car si l’on jette un regard en arrière, la pauvreté radicale a déjà été proclamée dans la crèche de Noël et la déréliction de la Croix trouve encore un écho dans l’abandon total de l’Eucharistie : Jésus ne cesse de se livrer, de se donner.

Vient alors une question : comment avoir peur d’un tel Dieu ? Ce soir, l’Eglise ne nous demande pas de faire de la théologie. Elle nous demande de contempler le vrai visage de Dieu, celui qu’il nous révèle sur la Croix : un Dieu qui « a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils » (Jean 3, 16).
Contemplation et inévitablement prière, en communion avec tous ceux qui, sur cette terre, sont mystérieusement associés aux souffrances du Christ : en ce Vendredi Saint, c’est bien sûr vers les chrétiens persécutés que va notre pensée. Sans oublier les malades, tous ceux qui souffrent, tous ceux qui les soignent et les accompagnent.

P. Pierre AMAR

Prions

Mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je offensé ? Réponds-moi !
(Ô Dieu saint, ô Dieu saint fort. Ô Dieu saint, Dieu fort, immortel,
prends pitié de nous).

Mon peuple que t’ai- je fait, en quoi t’ai- je offensé ?
De l’esclavage d’Égypte moi je t’ai tiré,
Mais toi tu prépares une croix pour ton Rédempteur.

Quarante ans je t’ai conduit à travers le désert, je t’ai nourri de la manne,
Et je t’ai fait entrer dans la Terre Promise,
Mais toi, tu prépares une croix pour ton Rédempteur.

Qu’aurais- je dû faire pour toi que je n’ai fait ?
Je t’ai planté moi- même comme une vigne choisie,
Mais toi tu m’as nourri d’amertume.
J’avais soif, tu m’as abreuvé de vinaigre et d’une lance
Tu as percé le coeur de ton Sauveur.

Moi, pour toi j’ai frappé l’Égypte,
Mais toi, tu m’as flagellé et tu m’as livré à la mort.
Je t’ai fait sortir d’Égypte, j’ai englouti Pharaon,
Mais toi, tu m’as livré aux grands prêtres.

Je t’ai ouvert un passage dans la mer,
Mais toi tu m’as ouvert le côté avec une lance.
J’ai marché devant toi dans une colonne de nuée,
Mais toi, tu m’as conduit devant Pilate.

Quand tu étais dans le désert, je t’ai nourri de la manne,
Mais toi, tu m’as frappé au visage et flagellé.
J’ai fait jaillir l’eau du rocher et je t’ai sauvé,
Mais toi, tu m’abreuves de fiel et de vinaigre.

Moi, pour toi j’ai frappé les rois de Canaan,
Mais toi, tu m’as frappé d’un roseau.
Moi, par ma toute puissance, je t’ai élevé, exalté,
Mais toi, tu m’as élevé et cloué sur le bois de la Croix.

(Texte des impropères, liturgie du Vendredi Saint ; en musique ici)