Carême 2020 : notre lettre de liaison n°46
pieta

Samedi Saint

Chers amis,

L’Eglise est en deuil. Les tabernacles sont vides ; les cloches ne sonnent plus ; c’est le grand silence. Le grand silence, le silence du Samedi Saint. Silence des disciples pétrifiés par le scandale de la croix ! Silence des femmes abîmées dans leur souffrance ! Silence de la foi qui vacille, ce Jésus qui avait fait tant de miracles ; on y croyait ! Silence de la foi obscure, douloureuse mais infaillible de Marie !

Aujourd'hui, l'Eglise, qui croit en la résurrection, se souvient. Elle revit l'absence. Elle traverse à nouveau la nuit. Elle guette les premières lueurs de l'aube pascale. Elle souffre, mais déjà commence la grande action de grâce.

Seigneur, au pied de ton tombeau, je veux prendre la résolution de m’unir à toi, de demeurer ton disciple, proche de toi et témoin de ta vie donnée par amour pour le salut du monde. C’est souvent sur la tombe d’un bien aimé qu’on prend des résolutions et qu’on fait des promesses d’affection. J’aimerais les tenir avec l’aide de Marie, ta mère, toujours présente à nos côtés. Je te prie pour notre monde. Donne-moi d’y être ton disciple, à la hauteur de la mission, malgré mes péchés et mes difficultés. Que ta mort Seigneur me montre le chemin de la paix et de l’amour, de l’unité et de la communion.

P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

« Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulag, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint : l'obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s'interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants. Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité. Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d'espérance.
Et cela me fait penser au fait que le Saint-Suaire se présente comme un document « photographique », doté d'un « positif » et d'un « négatif ». Et en effet, c'est précisément le cas : le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d'une espérance qui ne connaît pas de limite. Le Samedi Saint est une « terre qui n'appartient à personne » entre la mort et la résurrection, mais dans cette « terre qui n'appartient à personne » est entré l'Un, l'Unique qui l'a traversée avec les signes de sa Passion pour l'homme (...) Et le Saint-Suaire nous parle exactement de ce moment, il témoigne précisément de l'intervalle unique et qu'on ne peut répéter dans l'histoire de l'humanité et de l'univers, dans lequel Dieu, dans Jésus Christ, a partagé non seulement notre mort, mais également le fait que nous demeurions dans la mort. La solidarité la plus radicale » (extrait de la méditation du pape Benoît XVI devant l'image du Saint-Suaire de Turin, "icône du samedi saint", 2 mai 2010).

Prions

« Seigneur, montre aujourd’hui encore que l’amour est plus fort que la haine, qu’il est plus fort que la mort. Descends aussi dans les nuits et dans les enfers de notre temps et prends par la main ceux qui attendent. Conduis-les à la lumière ! Sois aussi avec moi dans mes nuits obscures et conduis-moi au-dehors ! Aide-moi, aide-nous à descendre avec toi dans l’obscurité de ceux qui sont dans l’attente, qui crient des profondeurs vers toi !
Aide-nous à les conduire à ta lumière ! Aide-nous à parvenir au « oui » de l’amour, qui nous fait descendre et qui, précisément ainsi, nous fait monter également avec toi ! » (extrait de l'homélie du pape Benoît XVI pour la vigile pascale, 8 avril 2007).
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