Carême 2020 : notre lettre de liaison n°41
jerus

Lundi Saint

Chers amis,

L’évangile du jour nous dresse le décor d’une vaste tragédie qui se prépare à Jérusalem (photo ci-dessus) et qui va se dérouler devant nos yeux. La passion du Christ, le don de lui-même sur la croix, dans la sueur, le sang et les larmes, n’est pas une simple histoire, aussi horrible soit-elle. C’est une vraie histoire. Ces évènements se sont vraiment passés. Et Lazare, Marthe et Marie, Judas, les grands prêtres, Jésus… tous ces différents protagonistes de l’évangile du jour ont vraiment existé. Jésus, quand à lui, n’a pas fait semblant d’être un homme, fait semblant de souffrir, fait semblant de nous aimer jusqu’au bout.
Tout est prêt pour la grande offrande de Jésus. Il est venu pour cela. Il n’est pas seulement venu pour guérir les malades ou faire des miracles et des prodiges. Il est surtout venu pour nous révéler l’amour de Dieu et sauver le monde.
P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

« Deux sentiments doivent nous habiter particulièrement en ces jours : la louange, comme l’ont fait ceux qui ont accueilli Jésus à Jérusalem par leur « hosanna » ; et l’action de grâce car, dans cette Semaine Sainte, le Seigneur Jésus renouvellera le plus grand don que l’on puisse imaginer : il nous donnera sa vie, son corps et son sang, son amour. Toutefois, à un si grand don, nous devons répondre d’une manière adéquate, c’est-à-dire par le don de nous-mêmes, de notre temps, de notre prière, de notre vie en profonde communion d’amour avec le Christ qui souffre, meurt et ressuscite pour moi. Les anciens Pères de l’Église ont vu un symbole de tout cela dans le geste des gens qui suivaient Jésus entrant à Jérusalem, le geste d’étendre les manteaux devant le Seigneur. Devant le Christ – disaient les Pères – nous devons étendre notre vie et nos personnes, dans une attitude de gratitude et d’adoration. En conclusion, écoutons encore la voix d’un de ces anciens Pères, celle de saint André, évêque de Crête : « Étendons-nous humblement donc devant le Christ, nous-mêmes plutôt que les tuniques ou les rameaux inanimés et les branches vertes qui réjouissent le regard seulement pour un instant et sont destinés à perdre, avec la sève, leur verdure. Étendons-nous nous-mêmes revêtus de sa grâce, ou mieux, de lui-même tout entier… et prosternons-nous à ses pieds comme des tuniques étendues… pour pouvoir offrir au vainqueur de la mort non plus de simples rameaux de palmes, mais des trophées de victoire. Agitant les rameaux spirituels de l’âme, nous aussi, avec les enfants, acclamons saintement chaque jour : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël” » (Benoît XVI, homélie pour le dimanche des Rameaux, Rome, 2012).

La Parole du jour

« Ne me cache pas ton visage le jour où la détresse me prend ! Le jour où j'appelle, écoute-moi : n'attends pas pour me répondre » (psaume 101).

Entre nous

« Qui pensait vivre un tel Carême ? Cela fait plusieurs années que j'arrive au début de la Semaine Sainte en me disant "j'ai encore raté le départ... et pas réussi à prendre le train en route". Alors j'essayais de me "rattraper pour les jours saints"... en arrivant pas trop fière le jour de Pâques mais la Miséricorde et l'Alléluia de Pâques, c'est tellement beau qu'on a quand même le cœur qui déborde de joie !
Mais cette année, grâce à cette belle proposition, je démarre le jour J, je tente de rester fidèle avec des chutes et des rechutes. La lettre quotidienne, ce lien très fort entre jeûneurs inconnus et tous ces témoignages m'aident à tenir le cap... aussi bien que possible... et je pensais il y a encore 3 semaines "cette année, je n'arriverai peut-être pas les mains vides à la veillée Pascale". Et bien le Seigneur a de l'humour : j'ai l'impression qu'il me dit "ça fait quelques années que je t'attends dans ces 40 jours de désert, cette année c'est toi qui va attendre quelques semaines après Pâques pour me retrouver dans la communion et goûter pleinement cette joie de Pâques". Je suis impressionnée par tous ces jeûneurs qui vivent des conditions difficiles. Merci pour leur témoignage ! En union de prières pour tous les malades, tous ceux qui sont seuls, qui partent dans une autre région pour être soignés... c'est déjà le Golgotha pour eux... » (N., 44 ans).