Carême 2020 : notre lettre de liaison n°42
passion1

Mardi Saint

Chers amis,

Lire l'évangile de ce mardi saint, c'est redécouvrir trois figures bien différentes et paradoxales. Elles pourraient être les nôtres.
Il y a d'abord celle de Judas. Quel drame et quel mystère ! Il fut invité comme tous les apôtres à participer à la merveilleuse aventure du salut. En Galilée, il avait assisté à presque tous les miracles : la multiplication des pains, la pêche miraculeuse, le discours des Béatitudes, etc. il y était ! Appelé comme les onze autres avec ses limites et ses qualités et - comme dans toute vocation - appelé non pas parce qu'il était le meilleur mais pour que le Seigneur le rende meilleur. Sa trahison et sa chute dans le désespoir nous montrent que, dans notre marche vers le Ciel, rien n'est jamais gagné. Mais aussi que Dieu n'a pas fait semblant de nous créer libres. Si même un homme comme Judas peut refuser l'Amour, alors nous avons tous le pouvoir de dire non à Dieu.
La deuxième figure est celle de Pierre. Impulsif, enthousiaste, attachant et généreux (comme tous les Pierre ?), il promet d'accompagner le Christ "jusqu'au bout !". Pauvre Pierre... le chant du coq achèvera de lui révéler sa faiblesse ! Judas et Pierre ont commis la même faute : dire non au Seigneur. Mais Pierre nous révèle que, dans cette vie, on peut aussi regretter, faire marche arrière et humblement demander pardon. La miséricorde est une corde tendue à notre misère !
Reste saint Jean, le dernier des fidèles. Il n'y aura pas beaucoup d'hommes au pied de la croix. Jean reçoit la double grâce d'entendre les dernières paroles du Christ et d'accueillir Marie comme sa mère. Un privilège inouï.
Ces trois figures nous enseignent que nous sommes tous capables du pire mais aussi du meilleur. Et que rien n'est jamais sûr. Chaque jour que Dieu fait, redisons donc le "oui" de notre baptême !

P. Pierre AMAR

Sagesse chrétienne

« Tout de suite après avoir évoqué l'exemple [du lavement des pieds], Jésus commence à parler du cas de Judas. Jean nous rapporte à cet égard que Jésus fut profondément troublé et déclara : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera » (13,21). Par trois fois, Jean parle du « trouble » ou plutôt de l'« émotion » de Jésus : devant le tombeau de Lazare (cf. 11, 33.38) ; le « dimanche des Rameaux », après la parole sur le grain de blé qui meurt, dans une scène qui évoque de près l'heure du Mont des Oliviers ( cf. 12,24-27) ; et finalement ici. Il s'agit de moments où Jésus se trouve face à la majesté de la mort et est touché par le pouvoir des ténèbres - une puissance qu'il est de son devoir de combattre et de vaincre (...) L'annonce de la trahison suscite une agitation compréhensible et en même temps, une certaine curiosité parmi les disciples (...) Le verset 18 nous met sur la piste juste. Là, Jésus dit : « Il faut que l'Écriture s'accomplisse : Celui qui mange mon pain, a levé contre moi son talon » (cf. Ps 41,10 ; cf. Ps 55,14). C'est le style caractéristique de Jésus quand il parle : en utilisant des paroles de l'Écriture, il fait allusion à son destin, en l'insérant en même temps dans la logique de Dieu, dans la logique de l'histoire du salut.
Par la suite, ces paroles deviennent parfaitement transparentes ; il apparaît clairement que l'Écriture décrit vraiment son parcours - mais sur le moment l'énigme demeure. Au prime abord, on en déduit simplement que celui qui trahira Jésus est l'un des convives ; il devient évident que le Seigneur doit subir jusqu'au bout et dans tous les détails le destin de souffrance du juste, un destin qui apparaît de multiples manières surtout dans les Psaumes. Jésus doit faire l'expérience de l'incompréhension, de l'infidélité y compris à l'intérieur du cercle plus intime des amis et ainsi « accomplir l'Écriture ». Il se révèle comme le vrai sujet des Psaumes, comme le « David », de qui ils proviennent et par qui ils prennent sens »(extrait de « Jésus de Nazareth, de l'entrée à Jérusalem à la Résurrection », Benoît XVI, Ed. du Rocher 2011, p. 86 ).

La Parole du jour

« Vous aimer Seigneur, plus qu'hier, moins que demain » (Prière attribuée au Bienheureux Charles de Foucauld).

Entre nous

« A mon tour, je voudrais vous remercier pour votre proposition de jeûne pendant le Carême et votre accompagnement. Au départ, je n'était pas sûre d'y arriver car je suis une grande gourmande et issue d'une famille où si l'on ne mange pas on n'est pas en bonne santé ! Expliquer pourquoi on mange peu est une forme de témoignage. Les premiers jours furent difficiles et cela s'est compliqué avec le confinement et les gâteaux confectionnés par mes enfants.... Mais je suis heureuse d'avoir pu tenir dans la durée. Le confinement m'a permis de passer plus de temps à prier, dire le chapelet et à écouter chaque jour le "Live du Padreblog". Cet enseignement est aussi un moment très formateur qui arrive toujours à propos » (M-P., 52 ans).