Carême 2020 : notre lettre de liaison n°12
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2ème dimanche de Carême

Bonjour à tous,

Pas de jeûne aujourd'hui puisque c’est dimanche ! Nous entendrons à la messe le magnifique évangile de la transfiguration du Seigneur.

Je transfigure, tu transfigures, nous transfigurons… Voilà une singulière déclinaison. Bien qu’il soit en effet possible de l’accorder à tous les temps, le verbe transfigurer ne s’utilise généralement qu’à la voix passive : on dit d’une personne qu’elle est transfigurée.
Quel dommage d’avoir emprisonné ce verbe sous ce mode inactif ! D’abord parce qu’il exprime une magnifique réalité : transfigurer, c’est métamorphoser, transformer et embellir. Voilà surtout un beau programme qui est rarement quelque chose que l’on subit mais plutôt une action faite d’efforts et d’étapes, un authentique dynamisme qui aboutit au chef d’oeuvre tant attendu.

Un matin, Jésus est donc transfiguré. Il a d’abord fallu monter jusqu’au sommet ; or le Mont Thabor n’est pas une simple colline ! Cette ascension est une ascèse, une purification, une lutte contre soi-même et tout ce qui peut tirer vers le bas. Il y a ensuite le repos, la joie et la contemplation tant méritée. Il y a enfin la redescente dans la plaine, c’est-à-dire dans la vie ordinaire pour métamorphoser le quotidien.

Et si c’était cela transfigurer ? Monter et peiner, puis contempler et savourer, et enfin redescendre pour partager ? Un programme finalement très peu inactif, qu’on fait et construit plutôt pas à pas. Dieu veut avoir besoin d’hommes et de femmes qu’il emmène à l’écart, qui acceptent de le suivre sur une montagne, de la gravir et d’y prendre le temps de la contemplation. Et après ? Il faut redescendre pour embellir ce monde. Métamorphoser chacune de nos actions banales et répétitives en y mettant un surcroit d’amour. Vivre extraordinairement les choses les plus ordinaires. L’objectif, c’est que la lumière brille dans les ténèbres ! Alors ? On transfigure ? Chiche ?

P. Pierre AMAR

Rions.... du Carême !

Parce que c’est dimanche, nous suspendons cette rubrique habituelle sur la pénitence et le jeûne pour partager cette histoire authentique.

On demandait un jour au pape Benoît XV (pape de 1914 à 1922) pourquoi l’Eglise n’avait pas réparti le Carême en quatre périodes de dix jours, durant les quatre saisons de l’année. Il répliqua : « L’Eglise aurait très bien pu le faire, mais elle a pensé que ce n’était pas prudent. En effet, les hommes auraient fait quatre fois carnaval, mais ils n’auraient pas jeûné une seule fois ! » (anecdote racontée dans « Dieu est humour », Editions de l’Emmanuel, 2007).

La Parole du jour

« Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi ! » (Début des Confessions de saint Augustin).

Entre nous

Joyeux et saint dimanche à tous ; à demain lundi pour d'autres nouvelles !

Comme promis, voici deux témoignages :

« Prenant les repas avec les collègues, ils savent que je vis le carême. Ils sont pour la plupart très respectueux, et certains dévoilent leur religion. Ainsi cela aboutit à des conversations sur Dieu, et cela est beau » (G., 26 ans).
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« Je parle volontiers de mon jeûne de Carême à mes amies non pratiquantes ou non catholiques, elles réagissent positivement avec l'envie de s'inspirer de cette démarche mais bien sûr sans le côté prière et de se tourner vers Dieu hélas ! À mes amies de la paroisse, je n’en ai pas parlé ! Je pense que c’est pour ne pas tomber dans l'orgueil du Carême réussi ou le côté « je fais un meilleur Carême que toi ». Mais en y pensant, grâce à votre question, je crois que je pourrais en parler, en leur proposant de rejoindre l’aventure »
(C. 46 ans).